BIO

ECRIT POUR LE STREET-ART MAGAZINE
MAI 2016

Je suis Marie-Eva Martin Kowalik ou plus simplement Riam, artiste visuelle montpelliéraine, passionnée par la culture urbaine et les voyages.

Les grandes villes et leurs médiums d’expression sont pour moi vecteurs d'inspiration.

Tels : l'immensité du street-art sur les murs de Brooklyn, Montréal ou encore Dubaï, les graffitis et les tags de Cracovie sur ses murs dégradés,les mouvements des grandes villes thaïlandaises s'opposant à l'infini des paysages de la Laponie.

New York ses rues, ses œuvres et ses galeries aux toiles grands formats. On y sent l'âme des artistes qui ont donné naissance à une certain art contemporain, dont le mouvement de l'action painting m'inspire aujourd'hui.

 

Et bien sûr Montpellier et sa richesse artistique. J'aime croiser ses œuvres diversifiées, toutes fortes en belles intentions. Ses intermédiaires, comme le Collectif Les Biches qui encourage le travail artistique féminin, et à qui je dois ma première exposition en galerie. Le suivi de Céline Ka des artistes Montpelliérains ; ou encore le travail de lien de Rhypsimée La Licorne. Tout ce réseau a soutenu de beaux projets et laisse en présager d’autres !

 

Il y a deux pôles dans mon art actuel : celui de la rue et celui des toiles. Je les dissocie. L'un porte un certain message, celui de "mettre à l'honneur l'oublié", le second se définit par un process liant la recherche et la construction et progresse selon des mouvements d'ordre émotionnel, sensible ou spatio-temporels. Encore une fois le voyage me nourrit beaucoup, ainsi que mes incursions dans toutes sortes de mémoires (familiales, sociales, artistiques…).

 

Mettre à l'honneur l'oublié // La Rue.

Mes premiers dessins inspirés de portraits de SDF sont apparus par l'intermédiaire de THE ART FABRIC.

C'est ensuite que j'ai usé du Stickers, pour véhiculer des phrases qui résonnent à mes oreilles comme des punchlines. J’en ai posé par centaines lors de mon séjour New-Yorkais.

En cette période, je n'avais pas l'espace pour créer autrement que d'écrire depuis mon ordinateur. Il y avait là un acte intimiste, se suffisant à lui-même, même s’il portait la marque de mes indignations. M’insurger contre un certain ordre des choses, des marginalisations qui passent pour évidentes, mais qui ne le sont pas à mes yeux. Le voyage t’amène à voir les contrastes.

 

Depuis un an, je travaille à partir d’anciens travaux photographiques. Je les photocopie, découpe, colle puis les souligne de bombe fluorée (couleur que j'utilise régulièrement sur mes toiles).

Mes choix de photographies ne sont pas hasardeux. Ils naissent de rencontres.

Par exemple, un photographe-truquiste des années 1970/80, montpelliérain. Il m'a expliqué longuement qu'il a senti son art être écrasé par la bienséance et par les normes qui définissaient, aux yeux de la société de cette époque, un photographe acceptable. Sourd, il a fini par laisser ses œuvres et son argentique NIKON dans un placard. Je les ai photocopiées, fluorées et collées.

La Rue a pour moi cette fonction de rendre visible l'invisible. Elle rend libre qui veut. Elle permet de dire et de partager sans l'intermédiaire de qui que ce soit.

J’ai également rencontré une personne dont la prostitution est le quotidien. Elle s’est racontée et m’a donné un portrait qui la faisait rêver. Un portrait d'une femme des années 30 semble-t-il. Je l’ai photocopié, fluoré et collé ici et là (notamment lors de la ZAT OFF de Montpellier).

RIAM en langue des signes, mon nom d'artiste collé sur les murs de Montpellier est motivé par cette même volonté : mettre à l'honneur la Langue des Signes, langue interdite en France et ailleurs pendant 100 ans.

Il y a dans ce travail de photocopie un choix du brut, du "tel quel", qui s’oppose à mon travail sur toile. Pourquoi ici transformer ?

 

Je me définis en tant qu'artiste pluridisciplinaire. Ce sont les rencontres, instants, mouvements qui impulsent le choix de mon médium artistique. Il y a à chaque fois, à la source, l’envie de témoigner d’une rencontre, d’un oubli, d’un possible... d’une marge. Je souhaite poursuivre mon travail de rue (d'autres rencontres, d'autres histoires, d'autres rêves, d'autres mots, d'autres photos...), et continuer mon travail sur toiles en élargissant leurs dimensions. Quelque part, au travers de ces œuvres, j’aimerais rejoindre le grand espace de la rue.